ARTICLE PARIS-NORMANDIE: MATHIEU LACAILLE

2 mars 2017 - 07:48

Football - DH : Mathieu Lacaille, totalement épanoui au Grand-Quevilly Jean-Pierre HERANVAL - Publié 28/02/2017 Mathieu Lacaille et Grand-Quevilly n’ont aucune pression, c’est peut-être leur plus grande force dans la lutte qui les attend pour la montée  

Après presque 18 mois sans jouer, Mathieu Lacaille (29 ans) a retrouvé le plaisir en signant au Grand-Quevilly. Un club au sein duquel il s’épanouit pleinement et pas seulement parce que les résultats sont bons.

 Signer au Grand-Quevilly ? La question n’a pas mis longtemps à trouver une réponse dans l’esprit de Mathieu Lacaille. Sans club depuis son éviction du CMS Oissel (CFA 2) à l’hiver 2015, le gardien de but de 29 ans n’a pas hésité lorsque le nom d’Hakli Dahmane, l’entraîneur du GQFC, s’est affiché sur son téléphone, au printemps dernier. « Le choix a été vite fait, confirme-t-il. D’abord parce que l’entraînement, les matches, tout ça, ça me manquait. Et puis Hakli, je l’avais déjà connu en 18 ans au FC Rouen. J’avais bien accroché avec lui et on avait gardé le contact. »

Et sa décision de rejoindre la formation de DH, Mathieu Lacaille n’a pas eu à la regretter depuis. D’autant moins que Grand-Quevilly réalise une très belle saison, encore en lice pour une éventuelle accession en N3, alors que plus de la moitié des journées ont déjà été consumées. « Honnêtement, quand on a repris l’entraînement cet été, la montée ne figurait pas parmi nos objectifs, affirme le portier des Tangos. Il y a eu pas de mal de changements dans le groupe, on n’avait aucune certitude. Même aujourd’hui, on a beau être troisièmes ex-aequo, on ne se prend pas la tête avec ça. Une montée, ça serait la cerise sur le gâteau, mais ce n’est pas une obsession. »

Ce bon parcours, Lacaille n’y est pas étranger. Pas seulement par ses prestations dans la cage grand-quevillaise, mais aussi par le poids qu’il a rapidement gagné dans le vestiaire. « J’ai toujours été un leader de groupe, souligne celui qui a débuté le football à Tourville-la-Rivière. Retrouver le parfum des matches, des entraînements, ça a été très excitant. De l’appréhension ? Non, même si j’ai d’abord manqué de quelques repères. Tout est revenu assez vite. Tout comme l’alchimie entre les joueurs. Il faut dire que parmi les nouveaux, David Bonami et Jimmy Garnier ont apporté leur expérience. Ce sont des gars extraordinaires. Quant aux jeunes, ils ont vite pris le pli de la vie de groupe. »

 

« Le FCR m’a fait grandir »

Cette alchimie entre jeunes, nouveaux et anciens, elle a également été cimentée lors du bon parcours du club en Coupe de France (7e tour, éliminé par Le Havre AC). « Ça a sans doute accéléré les choses. Tout le monde s’est senti concerné. La Coupe, ça sert à ça, à prendre confiance en soi. » C’est ainsi qu’à douze journées du baisser de rideau, Grand-Quevilly s’avance comme le principal rival du FC Rouen pour décrocher le troisième ticket pour l’étage supérieur. Mais dimanche, les Tangos s’apprêtent à passer un sérieux test, à Gonfreville, sur le synthétique du leader invaincu de la division (14 succès en 14 matches). « Au match aller (0-2), ils m’avaient paru très costauds, très sereins. On avait souffert en première mi-temps, ça avait été mieux en seconde, mais le penalty concédé nous avait fait mal. L’opposition de dimanche, on va la préparer comme les autres, même si ça peut s’apparenter à un match de gala. On n’a rien à perdre. »

Si ce n’est de laisser filer le FC Rouen, le club où Lacaille a évolué plus de dix ans, jusqu’à jouer une rencontre de National, le 21 mai 2010 face à Amiens (3-1). « Un super souvenir. C’était le dernier match de la saison, c’était à Diochon. Génial. Avec le recul, aujourd’hui, j’aurais aimé jouer davantage. Est-ce que j’aurais pu devenir pro ? Il m’a sans doute manqué d’un peu de rigueur, notamment dans le travail invisible. Pour progresser, il aurait peut-être fallu que je quitte la région, ne pas être tenté par les sorties entre amis, la proximité de la famille. Mais je n’ai aucun regret. Le FCR m’a fait grandir. Ça date un peu maintenant, c’est pourquoi ce n’est pas si particulier que ça d’être à la lutte avec eux. Encore une fois, on prend ça un peu à la rigolade. C’est incongru d’être à égalité avec eux. Ils ont la pression, l’obligation de monter. Pas nous. »

Car, peu importe l’issue de la saison, Mathieu Lacaille aura retrouvé l’essentiel : le plaisir de jouer et de côtoyer des gens intéressants. « Je suis également salarié au club. Je m’occupe un peu de l’administratif, je suis éducateur auprès des U15 et j’ai un regard sur l’école de foot. Bref, je suis totalement impliqué au GQFC. Un club où j’ai rencontré de bonnes personnes. Je m’épanouis pleinement. Tout est fait pour que le club avance, grandisse. C’est stimulant. »

  Jean-Pierre HERANVAL

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